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Musique

26 mars

Stabat mater de Pergolesi

par La Collégiale

Naples, printemps 1736 : Giovanni Battista Pergolesi vient d’être nommé, à tout juste 26 ans, organiste de la Chapelle royale.

Le succès semble lui sourire, en dépit de la maladie – il souffre de tuberculose depuis son enfance. La confrérie des Cavalieri di San Luigi di Palazzo lui commande alors un Stabat Mater. Le compositeur aura tout juste le temps de le terminer avant que la mort ne vienne interrompre brutalement sa brillante carrière. Finalement, ses poumons auront eu raison de son talent.

Comme pour le Requiem de Mozart, les circonstances dramatiques qui accompagnent la genèse de cette œuvre marquante en font rapidement un véritable mythe. Elle est diffusée dans toute l’Europe et devient en quelques années un phénomène de mode auquel personne n’échappe. À Paris, elle sera chantée tous les ans à Vendredi Saint jusqu’à la fin du siècle. Le vieux Bach lui-même, depuis sa ville de Leipzig dont il ne s’éloigne plus guère, en reprendra la musique note pour note en lui adaptant le texte allemand du Psaume 51.

Écrite à la fin de l’âge d’or baroque italien, cette partition emblématique mélange la tradition sacrée et les codes de l’opéra. Le dramatisme le plus profond y alterne avec une légèreté déroutante qui semble presque déplacée eu égard à la profondeur du propos. Elle préfigure en cela un autre maître italien, Gioacchino Rossini, dont on retrouvera cette même dichotomie dans la Petite messe solennelle.

Son succès ne s’est jamais démenti depuis sa création et elle reste l’un des plus parfaits exemples de la richesse artistique qui faisait encore la gloire des cités italiennes au 18e siècle.

Un programme tourné sur la libération de l’être et les évolutions de la musique moderne.

 

Programme :

Johann Sebastian Bach (1685-1750)
Prélude en si mineur, BWV 544

Jan Dismas Zelenka (1679-1745)
Benedictus (Requiem)

Georg Friedrich Haendel (1685-1759)
De Torrente in via (Dixit Dominus)

Jan Dismas Zelenka
Agnus Dei (Requiem)

François Couperin (1668-1733)
Troisième Leçon de ténèbres

Johann Sebastian Bach
Choral O Mensch, bewein dein’ Sünde gross, BWV 622

Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736)

Stabat mater
Stabat mater dolorosa
Cuius animam gementem
O quam tristis et afflicta
Quæ mærebat et dolebat
Quis est homo
Vidit suum dulcem natum
Eia mater, fons amoris
Fac, ut ardeat cor meum
Sancta mater, istud agas
Fac, ut portem Christi mortem
Inflammatus et accensus
Quando corpus morietur